mardi 18 juin 2019

Flash Love

Pour voir les courts métrages du Projet Méliès, en particulier Flash Love, tourné cette année :

https://www.youtube.com/channel/UC1cf5zVU8dCvUAHgTWGrjQg



samedi 8 juin 2019

Les cinéastes de Bayen crèvent l'écran

http://www.lhebdoduvendredi.com/article/35181/les-cineastes-de-bayen-crevent-l_ecran

Les jeunes cinéastes ont présenté leurs courts-métrages lors d'une projection dédiée au lycée Bayen. (© l'Hebdo du Vendredi)


Il y a dix ans, le projet Méliès faisait son entrée au lycée Bayen pour promouvoir le cinéma et l'éducation à l'image. Depuis, bon nombre de courts-métrages ont vu le jour, dans des esthétiques très différentes. Et cette année encore, des élèves de première et de terminale littéraires ont présenté le fruit de leurs travaux sur grand écran, devant leurs camarades et l'équipe pédagogique. Baptisé « Flash love » en clin d'oeil au film mythique, le premier court-métrage explore les clichés de la comédie romantique et ses excès : scènes tournées au ralenti, regards mielleux, crème chantilly et petits cœurs. Il célèbre également la liberté, tout en interrogeant sur nos choix sexuels et la façon dont ils sont assumés. Ou pas. « On a misé sur l'impro pendant le tournage pour que ça reste naturel, expliquent les cinéastes. On voulait quelque chose d'hyper léger et de drôle. » Pari gagné.

(© l'Hebdo du Vendredi)

Les terminales, quant à eux, évoquent les sept péchés capitaux à travers sept personnages atypiques réunis pour passer un casting. Et puisque le ridicule n'a jamais tué personnes, ils multiplient les petits détails kitch dans leur réalisation. « On a choisi la scène la plus célèbre de Titanic comme fil conducteur parce qu'elle est universelle. C'est un projet qu'on a construit en échangeant énormément, et sur notre temps libre. Ça permet de découvrir les différentes facettes du cinéma. Le script et les dialogues, le jeu d'acteur, la recherche de lieux de tournage, le son et la lumière, le montage, etc. » Certains ont été clairement confortés dans leurs vocations. Bonne nouvelle, enfin : une option cinéma sera prochainement proposée à Bayen. De quoi accompagner d'autres talents. 

jeudi 2 mai 2019

Zubrowka, le pays aux mille Tsoovroies


Située entre trois pays aux paysages merveilleux, à savoir l'Allemagne, la Tchéquie et la Pologne, le beau pays de la Zubrowka vous ouvre ses portes. Posée dans la vallée entourée de ses montagnes spectaculaires ainsi que de ses cascades aux reflets argentés, vous pourrez retrouver la capitale Nebelsbad. Cette grande ville accueille, plusieurs grands hôtels connus dans le monde, notamment l'hôtel étoilé The Grand Budapest Hotel. Sur le site, vous pourrez retrouver des bains turcs, mais aussi des sources thermales avec leurs bassins d'eau chaude naturellement, ainsi que tout un choix de centres de cure. Si vous avez le courage de faire l’expédition de spéléologie proposée par le staff, vous pourrez admirer l'un des plus beaux joyaux de la Zubrowka, Pprŏschke. Ce lac souterrain vous offrira un spectacle inoubliable car en plus d'admirer les cavités faites dans la montagne, il offre la possibilité de voir l'un des derniers spécimens des profondeurs ancestrales, l'Appysȏkow. Ce poisson vous électrifiera non seulement par sa beauté mais aussi par son aspect écologique. Vous pourrez aussi avoir le privilège de voir, s'il se montre, le Rappishka, qui loge sur la plus haute montagne du pays. Enfin, si l’envie vous prend de vous promener en forêt, vous pourrez admirer l’un des mille Tsȯȯvroei. Ces trois animaux sont au fondement de l’origine du pays.



Après un moment relaxant dans le bain turc, nous vous proposons un repas chez Sneydel. Ce restaurant est réputé aussi bien par sa bonne ambiance, très festive et conviviale, que pour présenter à sa carte les meilleurs plats traditionnels de la Zubrowka. L’entrée ne change jamais, au grand plaisir des habitués du lieu qui le demandent à chaque fois, une salade de saison avec de la julienne de légumes servie froide et un verre du grand cru blanc, le Somontono. La plus grande spécialité du pays est le Gȏrrvusjk, élaboré à partir de viande de Tsȯȯvroie, accompagnée de son Ajvar, une sauce pimentée. Ce plat est servi avec une bouteille de vin local, le Shyppyre, un alcool qui vous permettra de vous tenir chaud lors des moments de fraîcheur. Enfin si il vous reste de la place vous aurez le plaisir de déguster la succulente pâtisserie de chez Mendl's. Si l’envie vous en prend, vous aurez la possibilité de danser la danse nationale de la Zubrowka, le Chalalala Simbrȯȯski (dite Chala). 


L’histoire de la Zubrowka est complexe et barbare. Le pays était à l’origine composé de trois tribus, grandes, fières mais aussi fantastiques que féroces. Ces tribus, les Ҫapprowv, les Gkrâsqk et les Zabrowv, vivaient en paix et en harmonie et avaient pour chacune un animal totem natif de la Zubrowka : un rapace agile, le Rappishka, pour les Ҫapprowv, un fièrement féroce Appysokow pour les Gkrâsqk et un majestueux roi des forêts, un Tsȯȯvroei, pour les Zabrowv. Leur harmonie dura jusqu’à ce que le chef des Ҫapprowv veuille s'emparer du pouvoir sur les trois tribus, en tuant la fille du chef des Zabrowv et en se faisant passer pour un Gkrâsqk. Cependant la supercherie ne fonctionna que très moyennement et la guerre des tribus fit rage dans la vallée. Les étendards et les totems peinturlurés de bandes rouges se dressèrent de toutes parts, les clans savaient que le sang allait couler. Au bout de plusieurs années, après que la guerre eut donné la mort à beaucoup de guerriers et de guerrières, et bien qu’il y eût une trêve, les Zabrowv réussirent à prendre le dessus sur les autres clans qui commençaient à faiblir. Le chef des Zabrowv baissa les armes le premier, montrant son admiration pour ses adversaires qui à leur tour baissèrent leurs armes. Pour rendre hommage à la tribu des Zabrowv, la vallée qui devint un pays prit le nom de Zabrowka. La devise des Zabrowv devint nationale et reste aujourd'hui encore dans les mémoires :

" Yohto, na mabinëi ytalsniey y coo noamou mechli,
Eymonëi amçne schney ɕylȫȫ "

" L’eau coule sous les ponts, comme le lait du mechli,
Le sang des victimes passées purifie l’avenir. "





Zinabe Benhabssa et Mathias Lefebvre
Dessins de Mathias Lefebvre

mardi 30 avril 2019

La Mitteleuropa au Grand Budapest



     Le terme allemand "Mitteleuropa" désigne à l'origine la partie médiane du continent européen, mais c'est une dénomination géographique peu précise, et le mot a évolué pour désigner une période aussi bien historique que culturelle en Europe centrale, qui se caractérise par une diffusion de l'art et une interaction entre les artistes. C'est aussi une époque où les cultures se mélangent, les différents pays sont solidaires et tolérants. C'est donc une période d'âge d'or, que beaucoup regrettent, comme Stefan Zweig. Wes Anderson s'en inspire dans son film The Grand Budapest Hotel, il y fait beaucoup de références.

     La nostalgie est très rapidement présente dans ce film, incarnée par le personnage de Zéro qui raconte son histoire et semble regretter que cette période soit révolue. L'intrigue se déroule durant la Mitteleuropa, en 1932.  Ce contexte historique et culturel est donc le pilier du film.

     Monsieur Gustave est le personnage qui incarne le mieux cette époque, son raffinement et son amour pour la poésie en témoignent. Sa façon de charmer les femmes avec ses manières en font un personnage romanesque. Il ne quitte jamais sa manière d'être même en prison, puisqu'il est très courtois avec les prisonniers, qui vont l'aider à s'évader. Cela montre que son comportement n'est  pas une façade, il est réellement ainsi, ce n'est pas que pour plaire aux clients de l'hôtel. Pour illustrer cet état d'esprit, une scène est marquante, celle où il sort de prison. En effet la première chose qu'il réclame en sortant est son parfum, «L'Air de Panache». On retrouve ce raffinement chez la majorité des personnages, ce qui traduit l'état d'esprit présent durant la Mitteleuropa.


     La relation entre Monsieur Gustave et Zéro témoigne également de cette époque. Rien ne les relie à part l'hôtel puisque Zéro est un réfugié et un simple groom, tandis que Monsieur Gustave qui le dirige est originaire de Zubrowka. Pourtant ils se lient d'amitié, Gustave enseignant son métier a Zéro. Ils se sauvent mutuellement la vie à plusieurs reprises, et ne sont  séparés que pendant l'incarcération de Monsieur Gustave. Celui-ci va même marier Zéro et Agatha.
    


     Dans la transmission entre Gustave et Zéro on retrouve celle de la poésie. A différents moments dans le film Gustave récite des poèmes, puis Zéro tente également de composer des vers. Cette transmission s'étend aussi à Agatha. La poésie est tellement importante qu'elle ouvre et clôture l'histoire de Zéro, quand Monsieur Gustave récite un poème à Madame D. et avant sa mort dans le wagon de train. La poésie semble donc être la dernière chose qui rattache les personnages à l'humanité dans un monde où la guerre arrive de nouveau.



    En plus de la poésie, la peinture et l'art sont présents dans le film. L'intrigue se construit en partie autour d'un tableau ayant une valeur inestimable Le Jeune Homme à la pomme qui est une référence à une œuvre de Raphaël. On retrouve également d'autres références, à Gustave Klimt et Egon Schiele, deux célèbres peintres viennois.


Ce que l'on retrouve le plus dans le film, et qui témoigne le mieux de la Mitteleuropa, est la littérature. Celle-ci ouvre et clôture le film. En effet l'histoire racontée par Zéro est celle du livre que  l'on voit dans la première scène. On suit également l'auteur de ce livre à deux périodes de sa vie avant qu'il ne l'écrive et après sa publication. Le film est découpé en plusieurs parties qui rappellent les chapitres d'un livre, chacune possédant un titre romanesque inscrit sur des "cartons" qui scandent le récit.



      La solidarité est également présente tout au long du film. Elle est la plus flagrante entre Zéro et Monsieur Gustave mais elle s'applique à d'autres personnages. Les prisonniers s'aident mutuellement pour s'évader, soutenus par Agatha. Celle-ci réussit à faire passer des outils dans ses gâteaux sans que son patron le sache. La solidarité et la communication entre les différents hôtels sont essentielles à Monsieur Gustave et Zéro puisqu'elle leur permet de retrouver Monsieur Serge. Cette solidarité est présente durant la Mitteleuropa, époque à laquelle les pays n’étaient pas encore fermés et communiquaient.

     Mais la montée des régimes totalitaires abrège cette période, ce que l'on retrouve dans le film. Les scènes qui illustrent le mieux ce phénomène sont celles qui se déroulent dans le train. Dans la première, les militaires qui les arrêtent les laissent continuer leur voyage, grâce à leur chef qui connaît Monsieur Gustave depuis son enfance. Mais dans la deuxième, qui apparaît plus tard dans le film, les militaires tuent Monsieur Gustave. La référence aux régimes totalitaires est très forte quand l'armée occupe le Budapest, on y voit un symbole présent sur les drapeaux et les uniformes rappelant le régime nazi.               
     Ainsi, en tant que contexte historique du film la Mitteleuropa est très présente. On retrouve ses caractéristiques culturelles, comme l'importance de la littérature et de l'art et l'échange, la solidarité entre les personnages. Mais ses caractéristiques historiques sont aussi évoquées, comme la montée des régimes totalitaires.

Margot Romero et Sana Benallel


Sources des images 
https://www.ledevoir.com/culture/musique/405260/disque-the-grand-budapest-hotel-alexandre-desplat
http://justcinema.net/2014/02/critique-the-grand-budapest-hotel.html
http://noiselesschatter.com/2013/10/21/analyzing-the-grand-budapest-hotel-trailer/
https://www.arretsurimages.net/articles/wes-anderson-et-la-peinture-un-mysterieux-mystere
http://www.seuilcritiques.com/2014/02/the-grand-budapest-hotel.html
http://justcinema.net/2014/02/critique-the-grand-budapest-hotel.html

Mais pourquoi cette obsession de la mise en abîme ?


Dans le Grand Budapest Hotel, Wes Anderson utilise comme motif récurrent le cadre dans le cadre. En effet, on le retrouve à la fois dans la structure narrative et l'organisation des plans.

Tout d'abord, nous pouvons remarquer des cadres dans la structure narrative. Il existe une quadruple mise en abîme :




Vous arrivez dans la salle de cinéma, prêt à regarder le nouveau film de Wes Anderson. La lumière s'éteint, le film commence, et à l'écran apparaît une femme qui lit un livre. Un cut, une nouvelle date, et vous voyez cette fois un homme qui s'adresse directement à vous. Vous ne savez pas qui il est, mais il parle d'un livre que vous comprendrez être le sien. Après cette scène, vous vous retrouvez transporté à une nouvelle époque où vous retrouvez l'auteur dans sa jeunesse. Il rencontre un homme qui lui racontera l'histoire de livre. Dernière transition, celle-ci vous présente l'histoire originelle avec le jeune Zero.

Le réalisateur utilise cet instrument pour démontrer l'intemporalité d'une histoire, notamment à travers l'art. En effet, dès le début du film, les époques s’enchaînent, mais il s'agit de la même histoire racontée à de plus en plus de personnes, grâce à l'art de l'écriture et l'art cinématographique. De cette façon, le récit et ses protagonistes sont transmis à la société moderne, malgré les générations qui les séparent. 
 
Cette mise en abîme permet donc à Wes Anderson de représenter la transmission que ce soit d'une histoire ou d'un métier comme avec les personnages de M. Gustave et Zero.







Dans l'esthétisme de Wes Anderson, avec les couleurs et l'utilisation de la symétrie apparaît ce thème récurrent du cadre dans le cadre. Il est présent dans des scènes tout à fait différentes, ce qui lui donne bien des significations.







Nous avons ici affaire à un cadre renversé. Son utilisation nous renvoie à notre propre activité, à savoir nous observons les autres à travers un cadre.
















Ce cadre-ci renforce la surprise générale. La nôtre et celle des protagonistes à la découverte des policiers là où on ne s'y attendait pas, et celle des policiers quant à l'ouverture de la trappe alors qu'ils sont censés être seuls.
















Dans ce plan, le cadre attire notre attention sur un élément important qui est la réunification des personnages, malgré la police à leur trousse et leur position défavorable.














L'utilisation du cadre dans le cadre dans ce plan renforce l'impression d'oppression que l'on ressent en la voyant à l'image car le cadre de la fenêtre est encore plus étriqué que celui de l'écran.










Tess Lanfranchi Tess et Joséphine Sosson











L'esthétique du décor

The Grand Budapest Hotel est une comédie-dramatique ainsi qu'un film d'aventure, américano-allemand réalisé par Wes Anderson, et sorti en 2014. L'histoire débute pendant l'entre-deux-guerres, alors que les nazis envahissent l'Europe. M. Gustave, concierge à l'hôtel Grand Budapest, enseigne son métier à Zero Mustapha, son groom et son jeune assistant. Suite au décès d'une cliente, M. Gustave hérite d'un tableau de valeur, prisé par les héritière de la défunte, qui sont prêts à tout pour le récupérer. L’histoire se déroule dans une esthétique propre au réalisateur qu’il est difficile de résumer. Néanmoins imaginer un décor à l’image de ce film est possible.



Premièrement le choix de la pièce, une chambre d’hôte,l fait référence au Grand Budapest Hôtel lui-même. La première chose remarquable en arrivant dans la chambre est la porte. Une clef typique de l’hôtel avec le porte-clef rose est insérée dans la serrure. Elle possède également le logo du Budapest Hôtel et le numéro de la chambre placé dessous, le 112, qui fut le numéro de détenu de M. Gustave lors de son séjour en prison. Un chariot à bagages est également dans l’entrée pour rappeler le rôle important du «lobby boy ». En plus d’être chargé de valises, ce chariot porte aussi un paquet de chez Mendl’s.

Ensuite un grand lit s’impose dans la pièce. Le linge de lit est aux couleurs de l’uniforme du personnel de l’hôtel. Sur la table de chevet on retrouve "L'air de Panache", parfum indispensable de M. Gustave. Du côté de la fenêtre on retrouve le paysage alpin du film de façon symétrique. En dessous, le buffet reprend les couleurs et les formes de l’hôtel du plan d’ensemble que l’on retrouve plusieurs fois au cours du film. L’association du massif alpin à la vue du bâtiment représente ce plan iconique:

 
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Sur ce même buffet on retrouve l'urne funéraire de Mme.D ainsi que son portrait. Sa mort est en effet un élément important de l’intrigue car c’est de là que part l’action. Au mur on retrouve plusieurs décorations: tout d’abord un tableau représentant une pomme, référence directe au tableau de la défunte : "The Boy with apple". On retrouve aussi le symbole des clefs croisées qui accompagne les personnages principaux au cours du film. Enfin un second tableau est placé en symétrie de l’autre pour accentuer le coté luxueux et rappeler la présence des nombreux tableaux présents dans l’hôtel. 

Pour finir la chambre s’inscrit dans un univers très luxueux avec des détails doré et des meubles majestueux. Elle présente aussi une très grande symétrie tout comme dans les plans du film et chaque petit objet a son importance. La colorimétrie est assez vive pour faire un rappel de l’univers coloré de Wes Anderson.

Nolwenn Rolland et Lou Igier